Poussé par la vaque du Rock Progressif des années 70, Camel, qui n’a pourtant rien à envier à ses frères de route comme Yes ou King Crimson, va rester un peu en retrait même si la renommée de la pochette iconique de l’album Mirage, inspirée de la célèbre marque de cigarette, a fait le tour du monde.
Formé en 1971 à Guildford, dans le Surrey. Les membres fondateurs sont Andrew Latimer (guitare, flûte, chants), Andy Ward (batterie), Doug Ferguson (basse) et Peter Bardens (claviers). Camel réussit à alterner morceaux musicaux et morceaux chantés avec bonheur car le groupe refuse, consciemment ou pas d’ailleurs, à verser dans la démonstration technique et l’illusion d’ambiances planantes et ésotériques, en laissant la part belle à la mélodie.
C’est d’ailleurs le choix que j’ai fait pour constituer la playlist 1Lp1Track de Camel : garder les morceaux les plus ‘accessibles’ à la première écoute comme les quasi tubes « Never Let Go » qui ouvre le bal, « Neon Magic » ou « You Are The One ».
Camel développe aussi le goût pour les concepts albums comme The Snow Goose complètement instrumental et qui illustre la nouvelle éponyme de Paul Gallico ou Nude basé sur l’histoire d’un soldat japonais après la Seconde Guerre mondiale, resté isolé et attendant pendant plusieurs années l’ordre de se désarmer (voir le titre « Lies »).
Le style de Camel est aussi une synthèse des sons Rock et progressifs du moment : « Rhayader » semble issu d’un album de Jethro Tull, le sax de Mel Collins rappelle son passage chez King Crimson et l’intro de « Highway Of The Sun » fait penser au Genesis de l’époque Peter Gabriel.
Mais les références ne s’arrêtent pas là. L’évolution vers un style plus pop permet à Camel de braconner sur le terrain d’Alan Parson Project comme sur « You Are The One » et même sur celui de Deep Purple avec le solo de claviers sur « Lady Fantasy (Medley) » qui aurait bien pu sortir des doigts de John Lord.
Les ambiances se succèdent dans la playlist : le tristounet « Song Within a Song » en version live est suivi du guilleret « Down On The Farm ». Camel peut aussi être un groupe engagé et le titre « Refugee » sorti en 1984 n’a pas pris une ride dans le contexte social de 2025 !
Je m’excuse au près des puristes du groupe car ma playlist s’arrête aux années 80. Après une assez longue interruption, Camel produira 4 nouveaux albums malheureusement indisponibles sur Deezer et Spotify. J’ai fait le choix d’une anachronie en terminant justement avec « Lady Fantasy (Medley) » qui est une bonne synthèse des multiples facettes de Camel.
Si Camel n’a jamais été un groupe « mainstream » au sens de très gros succès commerciaux, il jouit d’une reconnaissance importante dans le monde du rock progressif, et ses albums des années 1970 sont souvent cités parmi les grands classiques du genre. Un groupe à ne pas manquer !
#1Lp1Track

Chaque semaine retrouvez ma playlist #1Lp1Track pourdécouvrir ou redécouvrir des groupes ou des artistes français et étrangers. Ce ne sont pas de classiques « Best of » mais une revue complète de la production artistique en sélectionnant pour chaque album (=1Lp), un titre (=1Track). Cela vous permet de revoir le parcours créatif et l’évolution musicale de ces différents artistes. Si vous voulez suivre les nouveaux artistes disponibles –> C’est ici !


