Parfois l’intention artistique échappe complètement au projet de son ou de ses créateurs. Black Sabbath a créé le Heavy Metal et aussi un univers sombre, mystique jugé par certains sataniques à l’origine des modes gothiques post-punk repris dans les années 70-80. Mais Black Sabbath l’a-t-il vraiment voulu ?
Pour l’inspiration Heavy Metal, elle n’est pas vraiment volontaire mais plutôt la conséquence d’un accident de vie qui a fait perdre l’extrémité de deux doigts au jeune guitariste Toni Iommi, l’obligeant à modifier son jeu et faire preuve d’innovation dans le matériel en modifiant de façon unique les caractéristiques de sa guitare en jouant par exemple avec des cordes plus fines pour rendre la douleur supportable à ses doigts.
L’influence Hard Rock du moment, coincée entre les deux locomotives du genre : Led Zeppelin poussé sur les cendres des Yardbirds et la concentration de talents et d’égos chez Deep Purple, va conduire Toni Iommi à en reprendre les fondamentaux mais en apportant une singularité, avec des riffs plus lourds, propres à la technologie mise en place pour contourner son infirmité de départ. Et cela pose les bases du Heavy Metal !
En s’associant à Ozzy Osbourne, chanteur génial mais personnage excentrique, excessif et peu recommandable, au batteur Bill Ward authentique bûcheron des fûts et au bassiste et véritable auteur des textes de Black Sabbath : Geezer Butler, Toni Iommi rassemble aussi une équipe de potes de Birmingham dont il devient naturellement le leader.
Si vous découvrez Black Sabbath avec la playlist 1Lp1Track, il est possible que l’univers vous surprenne surtout si les riffs lourds du hard et les textes ambigus ne sont pas votre tasse de thé ! Dans ce cas, passez directement au (seul) méga tube internationnal « Paranoid » qui a transpercé le mur du grand public.
Pour les autres qui voudront découvrir ou redécouvrir la discographie de Black Sabbath, la playlist commence par un premier album qui a été un pavé dans la mare même si son single « Evil Woman » n’a pas marqué les esprits.
Les quatres premiers albums sont d’ailleurs ceux qui représentent le mieux l’ambiance équivoque que le groupe a également posé par ses textes et ses tenues en se défendant paradoxalement de toute appartenance à une quelconque secte satanique ou démoniaque. Savez-vous par exemple que sur le premier titre éponyme « Black Sabbath » qui ouvre le premier album, le groupe utilise par hasars des accords et un rythme qui ont été interdits par l’église au moyen âge car jugés trop démoniaques ! Hasard ? à moins que ce soit de la réminiscence d’une vie antérieure de Toni Iommi (et voilà je suis tombé moi ausi dans le mystique et l’irrationnel !).
Cette période est vraiment celle des morceaux que les purs reconnaissent comme de l’AOC Black Sabbath : « Iron Man », « Snowblind », « Children of the Grave », « N.I.B. », « Cornucopia », « Sweat Leaf » ou l’étonnant « Changes » beaucoup plus cool et qui ouvre d’autres voies. Certains de ces titres sont en version live dans la playlist. Au passage, je trouve qu’il manque un grand disque Live de Black Sabbath avec une production digne de leur son.
Ce changement dans la tonalité va d’ailleurs se faire entendre à partir de l’album « Sabbath Bloody Sabbath » et l’arrivée des claviers (même si le melotron avait déjà fait quelques apparitions) comme sur « Sabbra Cadabra » avec la présence étonnante de Rick Wakeman le clavier du groupe Yes, porte drapeau du rock progressif, un style aux antipodes de la musique de Black Sabbath. Comme quoi, la tolérance et l’interpénétration des cultures ça a du bon !
Suit une période de transition où le groupe se cherche un peu entre un son hard moins lourd, plus progressif, des univers moins noirs et les frasques de Ozzy Osbourne qui s’interroge sur son avenir avec le groupe. C’est la période de « Megalomania », la ballade « It’s Alright » ou « A Hard Road ».
A partir de l’album « Heaven and Hell », Black Sabbath est ‘absorbé’ par l’univers de Rainbow et Deep Purple avec l’arrivée de Ronie James Dio au chant et plus tard de Ian Gillan, la pige de Glenn Hughes au chant et à la basse ou la présence de Cozy Powell à la batterie. A partir du titre « Neon Knights » l’influence du monde Pourpre sur le monde Noir est incontestable. Black Sabbath rentre un peu dans le rang et sonne presque Hard FM.
Le retour d’Ozzy Osbourne depuis 2013 et l’album « 13 » dont est tiré « God is Dead ? » et et les différents concerts très alimentés par leurs anciens morceaux permettent d’entretenir la flamme en revenant aux sources du répertoire.
Black Sabbath est souvent cité par les acteurs du Punk, du Grunge et du Metal, comme étant le groupe de référence. Une performance pour un une bande de copains qui ne voulaient à l’origine que jouer ensemble la musique qui leur plaisait, et si possible en vivre en se produisant professionnellement. Défi réussi !
#1Lp1Track

Chaque semaine retrouvez ma playlist #1Lp1Track pourdécouvrir ou redécouvrir des groupes ou des artistes français et étrangers. Ce ne sont pas de classiques « Best of » mais une revue complète de la production artistique en sélectionnant pour chaque album (=1Lp), un titre (=1Track). Cela vous permet de revoir le parcours créatif et l’évolution musicale de ces différents artistes. Si vous voulez suivre les nouveaux artistes disponibles –> C’est ici !



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