Certains groupes remarquables passent inaperçus faute d’un tube planétaire qui perfore les tympans du grand public. Oingo Boingo, qui s’appellera simplement Boingo sur la dernière période, fait partie de cette catégorie.
C’est sûr qu’annoncer que, dans les années 80, les groupes de Punk, Ska, Rock européens avaient leurs émules sur la scène californienne, déroute un peu quand la tendance générale est d’imaginer que le mouvement se concentrait surtout sur la scène londonnienne dans la trace des Sex Pistols, XTC, The Special ou l’inégalé tube Ska de Madness « One Step Beyond ». Mais un groupe comme Sparks avait ouvert aussi la brêche sur la côte Pacifique.
Oingo Boingo est bien un groupe dans la tradition New Wave des années 80. Issu d’un collectif issu du milieu du théâtre, origine qui peut expliquer la structure extrêmement « visiuelle » des chansons, Oingo Boingo, dont l’effectif sera souvent pléthorique avec notamment sa section cuivre, est conduit par son leader charismatique Danny Elfman, personnage sur lequel il faut s’arrêter un instant.
Danny Elfman est un compositeur prolifique plus connu pour ses BO de films – pas moins de 4 Oscars ! – de blockbusters comme Men In Black, Batman, Spiderman, Le Flic de Bervely Hill, Will Hunting et j’en passe un wagon. Le thème du générique des Simpsons ? C’est lui ! Récemment la musique de la série de Tom Burton, Mercredi ? C’est lui aussi ! Et pourtant pendant presque 20 ans, Danny Elfman a vécu en parallèle une vie de rock star avec ses potes de Oingo Boingo.
Revenons d’ailleurs à ce groupe qui ne craint pas d’interroger les phobies (« Insects »), les déviances (« Little Girl ») et parfois la détresse (« Private Life ») du mode de vie occidental, sur un ton cynique, voire caustique avec une pointe de bonne humeur car il ne s’agit pas de se morfondre mais plutôt de réagir à la stimulation. Tout cela me fait penser à l’univers de Frank Zappa.
Oingo Boingo sait aussi installer des climats plus légers sur « Stay » ou « Just Another Day », les deux titres probablement les plus commerciaux de la playlist. Le propos provoque aussi l’intelligence de l’auditeur sur « What Do You Want To Be » et surtout « Grey Matter ».
« Weird Science » est prémonitoire des excès de la chirurgie esthétique et électronique et « Wake Up (It’s 1984) » est un défi lancé à Orwell et son big brother. La ballade « Mary » est en contraste complet avec le très Punk rock « Only a Lad ». Les montagnes russes émotionnelles de la playlist 1Lp1Track de Oingo Boingo se terminent sur la reprise du titre des Beatles « I Am The Walrus ».
Les amateurs de son et ambiance New Wave des années 80 ne peuvent pas passer à côté de Oingo Boingo !
#1Lp1Track

Chaque semaine retrouvez ma playlist #1Lp1Track pourdécouvrir ou redécouvrir des groupes ou des artistes français et étrangers. Ce ne sont pas de classiques « Best of » mais une revue complète de la production artistique en sélectionnant pour chaque album (=1Lp), un titre (=1Track). Cela vous permet de revoir le parcours créatif et l’évolution musicale de ces différents artistes. Si vous voulez suivre les nouveaux artistes disponibles –> C’est ici !


