Loi de futilité de Parkinson et gilets jaunes

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La loi de futilité de Parkinson appelé prosaïquement « l’effet garage à vélo » décrit la difficulté des êtres humains et des organisations à s’exprimer et prendre position face à des problèmes complexes. Par conséquent, le temps passé par un groupe est bien supérieur sur des questions simples sur lesquelles chacun a un avis à défendre. L’exemple de référence (probablement fictif) est celui d’un comité discutant de la construction d’une centrale nucléaire avec la validation rapide d’investissements lourds mais quand vient le point sur la conception du garage à vélo, le débat s’anime et dure car chacun a une idée précise de ce que pourrait être cet équipement, utile mais anecdotique, de la centrale.

Cet effet « garage à vélo » je l’ai moi-même régulièrement constaté en entreprise. Plus les millions d’Euros s’accumulent sur un projet moins la relation entre la chose et son prix est nette. Le pire étant quand personne n’ose exprimer une contradiction de peur du ridicule. Autre exemple : qui n’a pas connu la nécessité d’expliquer une dépense de quelques centaines d’euros pour des fournitures de bureau quand les frais de fonctionnement d’une entreprise se calculaient en centaines de milliers d’euros ?

A l’heure où ni la dinde de noël, ni les boxing days n’ont eu raison du mouvement des gilets jaunes, la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) organise les débats selon 4 thèmes : Démocratie et citoyenneté, fiscalité, organisation de l’état et transition écologique. Ce découpage en vaut un autre mais je ne suis pas certain qu’il adresse directement la question essentielle qui est : « quelle place de la France dans le monde et quelle société veut-on pour la France en 2019 pour les 30-50 ans qui viennent ? »

Un délai de 3 mois incroyablement court en regard des enjeux, les premiers retours des cahiers de doléances où chacun ira de sa demande spécifique, la méthode de participation encore inconnue (tirage au sort des participants ou pas ? débat au niveau des mairies, des départements, des régions ? etc…), sont autant de signes qui me font redouter que « l’effet garage à vélo » n’oblitère la nature des échanges et que la montagne accouche une nouvelle fois d’une souris.

La gravité du sujet n’empêche pas de finir sur une note légère et ceux qui me suivent depuis longtemps connaissent mon goût pour les métaphores cinématographiques. L’extrait suivant de la vie de Brian des Monty Python est un bel exemple d’un débat qui part sur des concepts complexes sur le fonctionnement des groupes anti-impérialistes et qui finit par atterrir sur un sujet plus simple d’un homme qui veut avoir le droit de porter un enfant et donc de se transformer en femme. Une façon de finir l’année sur une note optimiste 🙂

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Crédit photo : photo du film « La vie de Brian » des Monty Python sur fond de gilet jaune

© Ecrit par Jean Méance en décembre 2018

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