L’histoire fascinante de Creed et Alter Bridge

Avatar de jmeancePublié par

Creed et Alter Bridge c’est l’histoire d’un groupe tourné en ridicule qui a donné naissance à un groupe respecté ! Dans la grande saga du rock moderne, il y a des histoires dignes d’une série Netflix. Creed et Alter Bridge, c’est un peu ça : mêmes musiciens, même ADN, mais deux réputations radicalement différentes.

Pour ma part, j’ai décidé de ne faire qu’une entrée dans mon blog pour ces deux groupes qui en fait n’en font qu’un seul si on compare l’évolution de Creed vers Alter Bridge aux différentes évolutions de personnel d’un groupe comme Deep Purple par exemple.

La playlist 1Lp1Track commence donc par Creed que tout le monde connait outre Atlantique. Un groupe qu’il était de bon ton de critiquer notamment comme étant une version très commerciale de Pearl Jam, classée dans la tendance Rock Chrétien, genre toujours controversé par la communauté Rock construite dans les idées antisystèmes et qui plus est avec un chanteur, Scott Stapp, à la réputation sulfureuse.

Playlist 1Lp1Track disponible sur YouTube, Spotify et Deezer

Il est vrai qu’à la fin des années 90, Creed est impossible à éviter. Radio, MTV, bandes originales de films, stades pleins à craquer : le groupe est partout y compris dans les Mall et les ascenseurs ! Evidemment ça sature les oreilles du public.

Grâce à la voix ultra dramatique de Scott Stapp (entre prédicateur inspiré et héros de film catastrophe) parfaitement accordée avec les riffs musclés mais toujours compatibles avec un son FM de Mark Tremonti, Creed enchaîne les hymnes XXL. Les albums Human Clay et Weathered deviennent des machines à tubes comme avec “Higher” ou « One Last Breath » qui sont dans la playlist.

J’ai choisi des titres qui ont connu moins de succès mais qui restent dans la même lignée rock FM. « My Own Prison » suivi de « Faceless Man » est une ouverture « en douceur » avant les sirupeux « One Last Breath » et « Don’t Stop Dancing » . « Overcome » vient mettre un peu d’énergie et préfigure la suite avant la balade « Rain », la version live de « Are You Ready » et l’incontournable « Higher ».

Mais comme, annoncé plus haut, la combinaison d’un succès massif, d’une posture qui se la pète, des textes qui manquent un peu d’humour et d’autodérision, conduit finalement à un rejet systématique par le public. Et comme souvent, quand un groupe vend trop de disques, il devient suspect. Plaire au public n’est pas toujours du goût des médias qui commentent la culture.

Creed se sépare. Est-ce la fin ? Pas du tout. Trois membres, Mark Tremonti (guitare), Brian Marshall (basse) et Scott Philipps (batterie) décident de continuer l’aventure, mais avec une idée simple : s’imposer à la critique et faire taire les détracteurs. Ils recrutent Myles Kennedy, chanteur à la voix puissante, technique, capable de monter très haut sans donner l’impression de prêcher la fin du monde contrairement à son prédécesseur.

Et la mayonnaise prend ! Alter Bridge naît, et soudain, les mêmes musiciens deviennent “sous-estimés”, “talentueux” et “injustement ignorés par le grand public”. Musicalement, c’est plus lourd, plus sombre, plus progressif. Le passage de Creed à Alter Bridge dans la playlist est une articulation intéressante entre « Higher » et « One Day Remains » qui lance la cavalerie de la partie d’Alter Bridge dans la playlist.

D’ailleurs, il faut noter que, sur l’ensemble des morceaux, Mark Tremonti lâche des riffs et des solos qui font hocher la tête même aux fans de metal.

Parfois l’architecture de Creed est sous-jacente caractérisée par une intro douce, un refrain hymnique et une fin sortie plus énergique comme sur « Rise Today », « Show Me A Leader » ou « Ghost of Days Gone » en version live. Il y a même des accents country dans l’intro live de leur tube « Open Your Eyes » qui semble tiré du répertoire de…Creed 🙂

Cependant, avec « Isolation » et « Addicted To Pain », Alter Bridge ne rigole plus avec les sucreries même si ça reste harmonique. Nul doute que les riffs et les solos lâchés par Mark Tremonti arrivent à faire hocher la tête même aux fans de meta. Alter Bridge persiste et signe dans cette voie avec « This is War » et « Silent Divide » malgré un « Godspeed » qui souligne qu’une rechute en mode Creed n’est jamais loin. Mais il ne faut jamais avoir honte de ses origines.

Ce qui est fascinant, c’est que Creed et Alter Bridge racontent la même histoire sous deux angles : Creed, c’est le succès démesuré, les refrains taillés pour les stades et les blagues faciles sur Internet quand Alter Bridge, c’est la rédemption, la crédibilité retrouvée et les albums que “tout le monde devrait écouter, vraiment”. Ironique quand on sait que les riffs, les musiciens et le cœur du projet sont quasiment les mêmes. En tout cas rares sont les groupes qui auront réussi un rebranding aussi efficace en changeant si peu son personnel.

La vidéo découverte en moins de 10′


#1Lp1Track



Chaque semaine retrouvez ma playlist #1Lp1Track pourdécouvrir ou redécouvrir des groupes ou des artistes français et étrangers. Ce ne sont pas de classiques « Best of » mais une revue complète de la production artistique en sélectionnant pour chaque album (=1Lp), un titre (=1Track). Cela vous permet de revoir le parcours créatif et l’évolution musicale de ces différents artistes. Si vous voulez suivre les nouveaux artistes disponibles –> C’est ici !

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